L’atrophie vaginale…. & le silence

L’atrophie vaginale est un symptôme que peut connaître la femme en période de périménopause. La ménopause compte trois phases soit avant (pré-ménopause), elle peut durer de 8 à 10 ans; pendant (la ménopause), la moyenne est établie à 52 ans et la phase après (post-ménopausée) qui inclut la sexualité après 50 ans. Il existe plusieurs symptômes reliés à la périménopause tels que la sécheresse vaginale, la perte de libido, l’augmentation des SPM, des émotions et des sautes d’humeur, de l’intolérance, de la fatigue, des migraines, des états dépressifs, de l’insomnie et en dernier, mais non le moindre, les chaleurs.

Qu’est-ce que c’est?

Tous ces symptômes sont causés par les changements hormonaux et la baisse d’œstrogènes. Cette sécheresse est médicalement connue sous le nom d’atrophie vaginale. Elle englobe la sécheresse, l’amincissement des parois vaginales et la diminution de la couche de graisse présente sous la peau qui servent de petits coussins pour amoindrir les chocs durant la pénétration.

L’atrophie vaginale est devenue une épidémie silencieuse. Ce problème touche beaucoup de femmes, mais plusieurs souffrent en silence. Bien que ce soit un processus normal du vieillissement, elles sont trop gênées de demander de l’aide à cause … d’un tabou culturel… de peur qu’il n’y ait pas de solution… ou de leur inhabilité à discuter de détails intimes. Elles n’osent pas en parler à leur médecin.

L’atrophie vaginale est l’amincissement progressif et chronique des parois vaginales. C’est un processus normal du vieillissement qui concerne plus de 60% des femmes qui sont en période de périménopause. Malheureusement, ce nombre est erroné puisque plusieurs femmes ne vont pas chercher de l’aide et aiment mieux souffrir en silence.  Ça peut commencer aussi  tôt qu’à la fin de la trentaine et se poursuivre même après la ménopause.

Quelle en est la cause?

C’est un processus normal de la ménopause qui est causé par la baisse du niveau de l’estrogène généré par le changement de la fonction ovarienne. Il en résulte de la sécheresse vaginale, de l’irritation, quelques fois des pertes et souvent des relations sexuelles douloureuses. De plus, ces femmes sont plus sujettes à des infections vaginales et urinaires.aleurs

Pourquoi est-ce si important?

Sans négliger tous les inconforts et la possibilité d’infections, cette condition douloureuse apporte des changements véritables à la fonction sexuelle. Elle peut affecter la qualité de vie et l’impact se fait sentir au sein de la relation du couple.

Souvent, les douleurs à la pénétration sont si intenses que la femme ne désire qu’espacer les rapports sexuels jusqu’à les arrêter complètement, et ce, au désavantage des 2 conjoints. Si le temps s’allonge entre les périodes de pénétration, l’atrophie devient de plus en plus sévère et douloureuse. Les parois peuvent s’affaisser au point de donner l’impression de se refermer ce qui rend la pénétration presque impossible ou sinon, trop douloureuse. Après quelques essais infructueux, la douleur étant devenue intolérable, les femmes décident d’abandonner les contacts sexuels et de refuser toutes demandes de la part de leur partenaire. Elles seront convaincues que les rapports sexuels sont terminés pour elles, et ce, même si elles ont été très actives et qu’elles ont aimé cela dans le passé. Les conjoints ne comprennent pas ce qui se passe. Certains me confient : « je ne comprends pas ce qui arrive à ma femme. Avant, elle aimait le sexe, mais maintenant, elle ne veut plus rien savoir. On ne se touche plus, le sexe a totalement disparu de notre vie». Les hommes ne savent pas qu’ils pourraient vraiment aider leur femme à résoudre assez facilement ce problème.

La sexualité de la femme change brusquement dans la quarantaine. À la différence que chez les hommes, leurs changements hormonaux se font plus lentement et progressivement. Le vieillissement nous oblige tous à nous adapter à ces changements physiques et psychologiques qui apparaissent après 40 ans autant chez les femmes que chez les hommes. Ces bouleversements affectent la sexualité et l’image de soi. Nos propres limitations causées par la maladie ou celles de notre partenaire nous forcent autant à nous ajuster à tous ces changements.

Qu’est-ce qu’une femme peut faire pour remédier à son problème?

Posez-vous quelques questions.

Commençons par parler du problème de baisse de libido que produit la diminution d’estrogènes.

  1. a) pourquoi ai-je une baisse de libido? Est-ce à cause de douleurs, de l’ennui ou d’une routine installée dans mon couple, d’une insatisfaction personnelle ou sexuelle ou la baisse d’estrogène? Faites une liste de ce que vous ne voulez plus et ce que vous voulez maintenant dans votre relation. Ensuite, discutez-en avec votre partenaire sans aucune accusation l’un envers l’autre.

En avançant en âge, le dicton «le goût vient en mangeant» s’applique à merveille. En commençant les préliminaires, le goût peut revenir plus facilement. Sinon, ce n’est pas grave, au moins vous vous êtes donné de l’affection et de l’attention. Les hormones pourront se remettre à circuler et à réparer votre corps.

Souvent, il est très utile d’alimenter ou de renouveler votre fantasmatique puis de la partager avec votre partenaire. Vous pouvez vous écrire de petits mots érotiques ou vous envoyez de petites vidéos explicites quelques jours avant la rencontre amoureuse. C’est efficace. Plus, vous réactivez des fantasmes qui vous excitent, plus, la lubrification s’activera vous permettant à ce moment-là d’en retirer un plus grand plaisir durant votre union.

Les gels sont pratiques, mais il faut en ajouter plusieurs fois, car ils s’assèchent souvent trop rapidement. Par exemple, le lubrifiant de marque KY est à éviter à tout prix. La salive est un excellent lubrifiant.

Si votre baisse de libido persiste, je vous suggère de consulter. Un médecin peut vous prescrire des hormones bio-identiques pour vous aider à régulariser la perte d’estrogène. Rappelez-vous qu’il faut oser en parler parce qu’il y a des solutions aux dérèglements que subissent votre sexualité et votre corps pendant la périménopause. Pour l’andropause chez les messieurs, parlez-en aussi à votre médecin.

Quoi faire avec les douleurs et les désagréments que peut causer l’atrophie vaginale?

En premier lieu, reconnaissez que c’est une condition normale. Voici, certaines solutions disponibles qui peuvent vraiment changer et améliorer votre qualité de vie.

1- Utiliser régulièrement des lubrifiants en gel soluble à l’eau. Ça va vous aider à humidifier votre vagin.  Il existe aussi des crèmes vaginales d’estrogène qui restaurent la lubrification des parois. Parlez-en à votre médecin.

2- Ayez plus de sexe! L’activité sexuelle régulière, avec ou sans partenaire, est vraiment la solution parfaite. Elle peut aider à maintenir des tissus vaginaux sains. L’activité sexuelle assure une lubrification plus normale.

3- Utilise-le ou perds-le! En anglais, on dit sur le vagin « Use it or lose it». En vieillissant, ça devient crucial d’utiliser son vagin pour toutes les raisons énumérées plus haut. L’abstinence vous fera perdre l’accès à ce plaisir sain et gratuit que vous apporte la pénétration. Peu importe les raisons qui vous ont amené à vivre une période d’abstinence sexuelle prolongée, à cause de la maladie, de la perte d’un conjoint ou de relations sexuelles douloureuses, vous pouvez inverser les effets de l’atrophie. Les études scientifiques ont bien démontré qu’avoir des relations sexuelles, c’est la santé. Ça aide à maintenir un bon équilibre physique, mental, émotionnel et spirituel.

Vous désirez réessayer, mais vous constatez que la pénétration est devenue difficile et trop douloureuse.  Cette sensation de fermeture est due à l’affaissement des parois, à l’amincissement de la peau et à la sécheresse vaginale qui empêchent la pénétration. Malheureusement, plusieurs femmes, après quelques essais trop douloureux, vont refuser d’accueillir favorablement les rapports sexuels. Ils décideront qu’il n’y a plus rien à faire et elles choisiront définitivement de ne plus faire l’amour.

Mesdames, la solution est d‘oser demander à votre partenaire d’introduire un doigt dans votre vagin pour le travailler tout en douceur. C’est à vous de le guider. Assurez-vous d’activer une bonne lubrification à l’aide de vos fantasmes et d’utiliser les gels. Lorsqu’il n’y a plus de douleurs, votre chum pourra à votre demande augmenter le nombre de doigts à insérer, un à la fois. Ne jamais augmenter le nombre de doigts tant qu’il reste de la douleur. Soyez patient. Ce procédé doit se faire sur plusieurs jours. Mais, vous serez surpris de la rapidité de votre  vagin a retrouvé sa physionomie normale et par le fait même, régler votre problème de douleurs et d’atrophie vaginale. Surtout pas de pression. On s’amuse. On se donne du plaisir. Riez-en un bon coup, ça détend l’atmosphère et ça dissipe la gêne.

N’ayez pas peur d’aller chercher de l’aide. Consulter un médecin, une gynécologue ou une sexologue.

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